L'Institut de veille sanitaire le confirme dans son dernier point épidémiologique, en date du 15 : l'épidémie de grippe A/H1N1 a gagné la Guadeloupe. Les estimations font état de « 900 à 1 100 syndromes grippaux cliniques, potentiellement attribuables au nouveau virus » . 16 cas, biologiquement confirmés, ont dû être hospitalisés.
L'épidémie a débuté, en fait, depuis la dernière semaine d'août. Au cours des deux premières semaines de septembre, le nombre des consultations pour syndromes grippaux a explosé. Le seuil épidémique est désormais largement dépassé.
Renforcer les mesures barrières
La situation reste préférable - pour l'instant... - à celles que vivent Martinique et Guyane. La Martinique - qui pleure, depuis hier, une petite fille de 18 mois, emportée par la grippe alors qu'elle souffrait déjà d'une pathologie lourde - comptabilise de 7 300 à 9 300 cas. En Guyane, plus de 2 300 cas cliniques ont été estimés depuis le 24 août.
Ces disparités s'expliquent par un début plus précoce de l'épidémie en Martinique. L'Institut de veille date ce début à la première semaine d'août, soit deux semaines plus tôt qu'en Guadeloupe et Guyane. La Martinique aurait pu être dans une situation encore plus délicate, mais la dynamique de la contamination est restée modérée. « Pour la Guadeloupe et la Guyane, les données montrent une dynamique plus accentuée au cours des premières semaines de l'épidémie » , précise le communiqué de l'Institut. En clair, l'épidémie progresse plus vite chez nous que dans l'île soeur, ce qui donne une idée de ce qui nous attend...
Ce contexte épidémique avéré emporte des conséquences. « La détection et l'investigation des regroupements de cas et des recrudescences en patientièle n'est plus nécessaire, explique l'Institut. De même, la fermeture réactive des écoles en cas d'apparition de cas groupés n'est plus utile pour retarder ou limiter l'ampleur de l'épidémie. En revanche, l'isolement des malades, le renforcement des mesures barrières et la protection des personnes présentant des facteurs de risque de complication restent plus que jamais indispensables. »