Une récente étude sur l'absentéisme des professeurs des écoles (maternelle et élémentaire), réalisée à l'échelle nationale, révèle des chiffres sans appel. 45% d'entre eux ont posé un arrêt maladie pendant l'année scolaire 2007-2008. Deux fois plus que dans le privé, ce qui représente en moyenne onze jours par an, contre neuf jours dans le privé. Le rapport indique que les pics d'absence se situent à la fin du premier trimestre, avant et après les vacances de Noël. Mais aussi au mois de mai, au moment où les ponts sont les plus nombreux.
Encore moins justifiable, 80% des arrêts maladies sont concentrés autour des week-ends, jeudi, vendredi, lundi ou mardi. Sur dix jours d'absence, six sont réellement remplacés et non huit comme indiquaient de précédentes statistiques. « En principe, les Dom sont inclus dans les chiffres, assure Anthony Jean, conseiller syndical Se-Unsa. Il prouve que les choses ne sont pas améliorées depuis la dernière étude de 2006 par deux inspecteurs généraux. » Cette dernière révélait que le nombre moyen de congés maladie par an des professeurs des écoles était en baisse, mais toujours très élevé : 8,4 en 2006 contre 10,1 en 2000.
« À bout physiquement et moralement »
Dans l'Hexagone, les périodes d'épidémie de grippe et de gastro-entérite sont mises en avant pour justifier les absences durant l'hiver. Mais en Guadeloupe, qu'en est-il ? « On ne peut pas parler d'épidémie chez nous, même si, c'est vrai, les enseignants attrapent des maladies véhiculées par les enfants. En général, beaucoup d'enseignants prennent des arrêts maladie quand ils sont à bout physiquement et moralement. Si la prévention existait, on n'en serait pas là. Le privé est d'ailleurs moins touché parce que le climat est différent, les élèves étant pour la plupart sélectionnés » , poursuit le syndicaliste. En effet, l'Education nationale est un secteur où la médecine du travail n'existe pas. Seul un service de médecine de prévention est prévu avec un unique médecin en poste dans l'académie de Guadeloupe. Des visites médicales sont censées être effectuées tous les cinq ans. « Nous sommes aux abonnés absents au niveau de la médecine du travail. Au lieu de diaboliser les professeurs, on devrait plutôt rechercher les causes de cet absentéisme et organiser des campagnes de prévention en ce sens » , conclut Anthony Jean.