Le SE UNSA GUADELOUPE met à la disposition de ses adhérents et de ses sympathisants les informations syndicales nationales, académiques et départementales de l'Académie de la Guadeloupe ( mouvements, promotions,...)
L'école maternelle française subit régulièrement des attaques. La dernière en date fait suite au rapport du HCE de l'an passé, suivi par le rapport BENTOLILA de décembre 2007 et se trouve en filigrane dans le rapport TABOROT.
Suite à une demande en février 2008 du premier Ministre, la députée UMP des Alpes-Maritimes et maire du Cannet, Michèle TABAROT a été chargée d’une mission relative au développement de l’offre d’accueil de la petite enfance. Cette mission vise à mettre en place une promesse présidentielle d’un droit de garde opposable dont l’objectif est d’offrir aux parents qui souhaitent travailler une solution de garde pour les enfants de 0 à 3 ans, faute de quoi ils pourraient saisir la justice. Dans son rapport remis à François FILLON le 23 juillet, la députée dresse les insuffisances actuelles de l’offre de l’accueil des enfants de moins de 3 ans. 51places dont 3 en maternelle sont offertes pour 100 enfants. Michèle TABAROT recommande une réforme du congé parental, à l’image de ce qui se fait en Allemagne, afin de permettre à un plus grand nombre de parents de profiter des premiers mois de la vie de leur enfant.
Mais, elle propose aussi la création avant le passage à l’école maternelle de l’enfant de « jardins d’éveil ». Une école maternelle sans enseignants. Ces structures seraient animées par des professionnels de la petite enfance et pourraient employer des « papisitters » et des « mamisitters ». Selon elle, « La scolarisation précoce ne convient pas à tous les enfants de moins de 3 ans et ne peut être développée dans les écoles que lorsque les conditions d'accueil, les locaux, l'encadrement, la pédagogie sont adaptés ». Or « si l'école propose davantage d'activités pédagogiques (graphisme, les activités logiques, le langage, les explications, les repères spatio-temporels), elle sait moins bien gérer les temps d'attente » et les enfants s'y ennuient. « L'école maternelle n'est pas une panacée pour les parents actifs » estime Michèle. Tabarot qui signale que les parents doivent dans ce cas l'accompagner d'autres modes de garde, par exemple le mercredi. « La scolarisation des enfants âgés de deux ans est un mode de garde qui, en ce qui concerne l'organisation, n'a pas les mêmes caractéristiques que les modes de garde… ». Enfin, « les taux d'absence des enfants scolarisés à 2 ans varient de 30% le matin à 70% l'après midi, allant jusqu'à 90 % le samedi matin. Seuls 14% des enfants sont présents toute la journée ». Le jardin d'éveil aura pour principale mission de préparer leur pré-scolarisation à l'école maternelle. Outre la stimulation des capacités linguistiques, les jardins d'éveil faciliteront la socialisation des enfants et la découverte de nouvelles expériences. Le matin, auront lieu les activités d'apprentissage et d'éveil. L'Education nationale sera chargée d'assurer la coordination entre enseignants de maternelle et éducateurs des jardins d'éveil quant aux objectifs et méthodes pédagogiques. Il sera ouvert de 7 heures à 19 heures et lors des congés scolaires >>
Pour le SE-UNSA, ce rapport TABOROT préconise la fin de l’école maternelle à 2 ans. C'est d'ailleurs ce que propose clairement le rapport d'audit sur la RGPP( Révision Générale des Politiques Publiques) dans l'Éducation nationale. De plus, Xavier Darcos, qui n'en est plus à une provocation près, n'a-t-il pas lui-même déclaré devant le Sénat qu'il fallait cesser de recruter des fonctionnaires de niveau Master pour « faire faire des siestes à des enfants ou leur changer les couches »? Cela alors même, que la tendance dans le monde est à la scolarisation des gardes d’enfants.
De plus, la création des « jardins d’éveil » mettrait un terme à une prise en charge pour les enfants de moins de 3 ans laïque et gratuite comme seul l’offre l’école maternelle. Une fois de plus, les familles les plus modestes, et singulièrement les femmes, feront les frais du « débrouillez-vous ». Car les bonnes âmes qui s'acharnent aujourd'hui contre la maternelle ne vont pas jusqu'à poser le vrai débat : celui de la politique de la petite enfance pour notre pays.
Pour le SE-UNSA, celle-ci devrait rendre des choix possibles, l'école maternelle étant l'un d'eux, en complément, et non en opposition, aux modes d'accueil collectifs ou individuels. Parce que l'école maternelle est tout sauf une garderie, le SE-UNSA défend la possibilité d'une scolarisation à partir de 2 ans dès lors que les parents en font la demande et continue de militer pour en améliorer la qualité.
Il ne se résout pas à ce que ces enfants soient ravalés à une simple marge de manœuvres budgétaires et exige la tenue d'une conférence de consensus sur ce thème, loin des débats idéologiques.